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La dernière décade de Ramadan : Solennité, mais d’abord spiritualité

Les musulmans entame la dernières Décade du mois béni de Ramadan
Les musulmans entame la dernières Décade du mois béni de Ramadan

 

La dernière décade est le moment culminant de la ferveur en ramadan. En effet comme on l’a vu hier, elle concentre tous les motifs de l’agrément divin et les premiers musulmans, à la suite du prophète lui consacraient l’essentiel de leur temps.

Le prophète redoublait d’efforts et réveillait sa famille. Vers la fin de sa vie, il a observé al i’tikaf, la retraite à la mosquée et n’a plus dérogé à cela.

Les épouses du prophète et les compagnons l’ont imité en cela. C’est devenu une tradition musulmane que d’observer ces pratiques en fin de ramadan. L’image que nous donne cette période est celle d’un coureur cycliste qui aborde le dernier tournant, où, bien que fatigué, il voit la ligne d’arrivée. Pour que ses efforts ne soient pas vains, il lui faut tenir ces quelques instants. C’est en cela que la fin compte énormément en toutes choses, surtout que la routine et la fatigue se sont invitées.

 

  • Les pratique essentielles de la dernière décade sont : la prière, la lecture du coran, la charité, le zikr, l’invocation.

 

Pour la prière, le nombre de rakaats importe peu ; il s’agit de remplir la nuit de prière. Aicha(RA) nous renseigne que le prophète faisait onze(11) unités de prière dans la nuit en ramadan comme en tout autre mois. Seulement il allongeait les stations : il restait debout pendant longtemps à lire, s’inclinait autant et se prosternait autant, de sorte qu’à la fin des onze unités, l’aube s’annonçait.

Il le faisait seul mais il est arrivé que des disciples le virent et viennent prier avec lui. Comme il ne leur a pas reproché cela, on conclut que c’est acceptable. C’est sur cette base que le Calife Oumar a institué la prière de tarawih en groupe durant ramadan et c’est sur cela aussi que se fait la prière de nuit. L’on retiendra qu’à l’origine, c’était une prière individuelle et non collective, pouvant donc se faire à la maison comme à la mosquée. Peut- être qu’à la mosquée, on a plus de chance de résister au sommeil et d’échapper aux distractions, comme à la maison on peut échapper à la fierté et à l’ostentation.

Le coran est le compagnon principal du fidèle. Il redoublera sa lecture comme le faisait le prophète en cette période quand l’ange Gabriel le rencontrait. La lecture du coran s’accompagne toujours de méditation, de zikr et d’invocations. En cette période le prophète était particulièrement généreux ; « comme le vent qui souffle », dit Aicha.

A voir ce lot d’activités on mesure la charge spirituelle de la fin du ramadan. Cependant, comme nous l’avons déjà évoqué, le côté solennel et festif tend souvent à prendre le dessus. On met beaucoup dans le solennel que le spirituel prend un coup, quand il ne devient pas un simple rituel. Les mosquées deviennent les endroits les plus animés de la ville et du coup, la nuit devient comme le jour et vice-versa. Pire, parfois il s’établit comme une sorte de concurrence de lecture de coran par mosquées et imams interposés. C’est à qui va avoir le lecteur à la meilleure voix ou à la grande vitesse. Et parfois des moyens sont mis pour cela !

D’autres éléments sont à prendre en compte ; il s’agit entre autres de la discipline à l’aller comme au retour de la mosquée. on assiste à un excès de vitesse pas possible aux environs de 0 heure sur les grandes artères de la ville pour rejoindre les mosquées du centre. A la fin de la prière, vers trois-quatre heures du matin, c’est le même scénario. On dirait tout sauf des gens qui reviennent d’un lieu de culte.

J’ai déjà évoqué les nuisances sonores quand les haut-parleurs sont mal utilisés et mal orientés. On comprend l’utilisation des portevoix pour l’appel (azane)/ mais quand la prière commence, on devrait pouvoir ajuster l’installation pour les seuls présents à la mosquée. Sur le sujet il y a matière à réflexion.

Je ne peux être exhaustif sur les contours à maitriser pour réussir sur le plan organisation de cette période mais je voudrais juste ajouter deux éléments que je crois capitaux : la question de l’hygiène et la présence des enfants mineurs souvent, très souvent non accompagnés.

Pour ce qui est de l’hygiène, comme on passe le plus clair du temps dehors, il va de soi qu’il y ait production de déchets ; ainsi donc l’hygiène des lieux et surtout des lieux sanitaires est à prendre au sérieux, surtout en ces temps de pluie, favorables au palu et autres infections. Les prises de repas occasionnent aussi des restes et des emballages vides à mettre dans les poubelles ; et quand on sait que la poubelle n’est pas encore bien rentrée dans nos habitudes, il y a fort à parier que les mosquées seront parsemées de sachets chaque matin et les responsables gagneraient en sensibilisant sur le sujet.

Pour ce qui est des enfants mineurs non accompagnés, l’organisation actuelle de nos mosquées ne les prend pas suffisamment en compte. Alors quand ils viennent à la mosquée en ces temps de prières nocturne, il y en a qui passent leur temps auprès des fourneaux de café et de thé. A leur âge, ils ne devraient pas en consommer et surtout pas la nuit. Les parents sont invités à avoir un œil plus regardant sur l’enfant qui sort seul la nuit, même quand ce serait pour aller à la mosquée. il y va de leur bonne éducation.

La dernière décade de ramadan doit se préparer de façon studieuse dans chaque mosquée, de façon à mettre les fidèles dans un climat de sérénité, de recueillement et d’humilité.

source : BURKINA24

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