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COTE D’IVOIRE: Littérature/ Réglementation des médias – Un cri pour la liberté d’expression

Alain Patrice Ahimou, auteur du livre Code 91
Alain Patrice Ahimou, auteur du livre Code 91

Pendant que la presse ivoirienne est en train de dénoncer la future loi sur la presse soumise actuellement à l’Assemblée nationale. Un texte qui fait perdre à leur corporation, la dépénalisation de la presse obtenue de longue lutte en 2004. C’est dans ce triste décombres que le  journaliste ivoirien, Alain Ahimou, vient dresser le triste tableau que vis les hommes de médias sur la terre d’Eburnie. Dans son premier ouvrage sur les deux cris de liberté, paru le jour de la Commémoration de la liberté de la presse, le 03 mai dernier aux éditions Edilivre.  Intitulé le Code 91, l’auteur démontre à travers cet essai, que la stabilité de la Côte d’Ivoire a été et sera toujours menacée tant que les médias publics seront caporalisés par les pouvoirs publics.

Il justifie cette thèse par un voyage dans l’histoire des différentes crises que la Côte d’Ivoire a connu, où, il met la lumière sur la place prépondérante que la radio télévision nationale a occupé dans ses guéguerres qui ont fait tant de mal aux ivoiriens. Cette caporalisation qu’il dénonce, il en fait une démonstration très poussée en révélant d’une part, les différentes aspects législatifs qui ont permis à chaque régime politique qui a gouverné ce pays d’avoir la main mise sur les médias publics, et d’autre part, comment cette  caporalisation est mise en œuvre notamment sur la première chaîne de la Radio télévision ivoirienne (RTI) et dans le premier quotidien Fraternité Matin. Ce drame pour la démocratie en Côte d’Ivoire que l’auteur décrit à travers cet ouvrage devrait être épargné à la Côte d’Ivoire en 1991, année du printemps de la presse. Car selon lui, cette année qui a vu la libéralisation de la presse écrite aurait dû être également celle de la libéralisation du secteur de l’audiovisuel national.

L'oeuvre, CODE 91
Le livre de Ahimou Alain, sur les médias intitulé, Code 91

Mais malheureusement, comme le déplore l’auteur, Félix Houphouët Boigny n’a autorisé à cette époque que la libéralisation de la presse écrite, contre son gré, suite à la pression de l’opposition menée à ces heures par Laurent Gbagbo et surtout après le discours de l’ancien Président français, François Mitterrand à la Baule, où il a demandé aux anciennes colonies de s’ouvrir à la liberté d’expression au risque de perdre les faveurs de l’ancienne métropole. Le Premier président ivoirien, par ce refus, à planter les germes de la caporalisation des médias publics par les pouvoirs d’Etat, car depuis sa mort, comme on peut le comprendre en parcourant le Code 91, tout à été fait pour maintenir la RTI comme une télévision de propagande dont l’accès est refusé à toutes voies qui s’opposent au pouvoir. L’arbre à palabre autour duquel tous les ivoiriens doivent pouvoir se retrouver pour échanger sur leurs divergences est pris en otage par l’exécutif et il faut que cela s’arrête. C’est en ces termes que le journaliste Alain Ahimou recommande, conformément aux recommandations de l’UNESCO en matière de médias publics, la révision de tous les textes de loi qui permettent aux pouvoirs publics de mettre sous leur coupole les médias publics. A savoir les dispositions qui donnent pouvoir au Chef de l’Etat de nommer les patrons des organes de régulation des médias, de la RTI et du quotidien Fraternité Matin. Des dispositions préconisées d’ailleurs à l’issue des dernières assemblées générales de la presse qui se sont tenues à Yamoussoukro. En trame de fond, l’auteur requiert par ailleurs une vraie libéralisation du secteur de l’audiovisuel, car celle qui est en œuvre actuellement, est restreinte, parce que la création de nouvelle chaîne de télévision est toujours conditionnée à des appels d’offres de l’Etat. Ce qui est contraire à une vraie libéralisation, comme celle de la presse écrite. Avec brio et une certaine maîtrise de la question, l’auteur nous révèle en fait que cette fausse libéralisation et cette caporalisation des médias publics, surtout dans le secteur de l’audiovisuel, le média le plus accessible et le plus à même d’informer les ivoiriens dont près de la moitié est analphabète, sont partie intégrante d’un besoin des autorités de contrôler l’information pour manipuler le peuple sur la gestion des affaires publiques. Alain Ahimou veut un secteur de l’audiovisuel libre, où on pourra voir sur le plateau de la RTI, des opposants comme Mamadou Koulibaly, Aboudramane Sangaré, Affi N’Guessan venir s’exprimer le plus souvent possible et être sollicités pour donner leur opinion à chaque décision des pouvoirs publics. Equilibre de l’information et traitement équitable de l’information oblige. Il y va de la réconciliation nationale et de la cohésion sociale. Libéralisation vraie de l’audiovisuel et désétatisation des médias publics, Voilà d’autres épingles plantées par cet auteur dans le processus de révision des lois de 2004 sur l’audiovisuel et la presse. Le Code 91 devrait ouvrir la Côte d’Ivoire à une liberté d’expression qui va donner de la vitalité à sa démocratie. Les médias publics ne seront plus la caisse de résonnance des pouvoirs publics, pour ne pas dire leur service de communication. Une mission dévolue exclusivement le Centre d’information et de communication gouvernementale (CICG) où a travaillé Alain Ahimou pendant près de cinq ans. Alors même que son livre était en édition, sur instruction de la présidence, qui l’a accusé d’avoir critiqué le Chef de l’Etat sur sa page Facebook, il a été remercié par sa direction dans le cadre d’un contrat précaire (contrat à durée déterminée à terme imprécis d’un an) sous lequel il travaillait, comme la quasi-totalité des employés de cette structure rattachée au cabinet du Premier ministre.

Izou Dine avec sercom Edilivre

 

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